Quelques mails qui circulent a mon retour de Slovénie qui annoncent qu’il y des gens disponibles pour aller voler aujourd’hui. Vu la MTO annoncée pour les prochains jours et malgré quelques obligations le matin et en fin de journée, je préviens Marc et Jérome que j’en suis! Je les rejoints donc aux chasseurs vers 10 :30. Arrivé là-bas, Jérome n’est pas trop chaud pour rester à Bleyne. Il préfère aller à St Andre. Marc et moi n’avons pas envies de faire la route. On coupe la poire en deux et on décide d’aller au Lachens ou les plafs ont l’air un peu plus haut (je précise qu’ils n’ont que l’air car arrives au Lachens, on s’aperçoit qu’ils n’ont pas la musique !). On passe par l’atterro Nord où on laisse 2 voitures et le temps de dire bonjour a Jean, Philippe et Pierre des Ailes du Loup, on embarque avec Marc. Nous sommes 5 dans la voiture mais 3 volants : Jérome, Marc, Alain et 1 copine et moi. Le déco est très bien alimenté Sud, mais les nuages qui arrivent de la mer nous bouchent tout….ca va pas être facile de partir de la. On monte les ailes rapidement mais les nuages arrivent bas par vagues successives. Marc décolle en premier sur les coups de 12:30; Il part sur la gauche et s’extrait tout de suite par les antennes en direction de Ste Brigitte. Quelques minutes plus tard, Jérome et moi sommes prêts. Je décolle et part sur la droite, je prends un thermik un peu plus loin sur la crête qui m’amène au plaf a 1750m. Je suis entouré de barbules et je n’ai pas le choix que de contourner le nuage par le nord en survolant le bois et en prenant le risque d’être sous le vent et de devoir me poser a l’atterro Nord. J’arrive à Ste Brigitte tant bien que mal à 1400m alors que Marc est déjà à la Foux. Il m’indique que cela reprend à Ste Brigitte. C’est vrai mais les plafonds sont tellement bas qu’en quelques tours je suis déjà au nuage à 1850m. Jérome, qui vient de décoller prend la même décision que moi mais ne sera pas aussi chanceux et se posera quelques minutes plus tard a l’atterro Nord. Je zerote a la base du nuage mais j’aimerai rejoindre marc. Il était partit a 2000m de Ste Brigitte donc je suis trop bas mais je n’arrive pas a monter au vent du nuage. Je pars donc sur la crête en direction du Bourroux en espérant trouver un plafond plus haut mais je perds pas mal d’altitude. Je reviens donc sur mes pas mais en observant la dérive des nuages j’arrive a récupérer le même thermik qui me ramène a 1880m. Entre temps, Marc qui c’est refait a la Foux part sur le Teillon. Il annonce des meilleurs plafonds. D’abord 2000m puis 2400m. Il est au dessus des cums avec l’ombre de son aile sur le nuage et un arc en ciel. C’est magique! Je zerote quelques minutes de plus mais rien a faire. Tant pis, je pars vers la Foux quitte a me poser sur le Plateau de Peyroulles. Je connais mal le Lachens et je me trompe de direction en partant face au vent à l’ouest. Je m’en rends compte en survolant le golf de T (?). Je demande alors à Marc des infos grâce auxquelles je corrige mon cap vers le nord mais j’ai perdu beaucoup d’altitude. En traversant le Plateau, je me retrouve même dans du -4,9 en intégré. Ca d’égueule ! Je décide de continuer en me rappelant ce que disait Marc un peu plus tôt. Je me dirige vers la crête entre La Foux et le Teillon, je suis a environ 1350m mais je m’accroche tout en gardant la vache de Peyroulles en finesse. Marc est au Teillon à 2400m. Je finis par reprendre juste au dessus d’une combe dans laquelle le vent venait s’engouffrer. Je suis dans du +2…J’enroule presque à plat, c’est tout doux…que du bonheur ! Je pense alors a rejoindre Marc qui n’arrivant pas a joindre Alain qui redescendait sa voiture et ayant donc un doute pour la récup décide de ne pas basculer sur St Andre. Il me propose alors en radio de me rejoindre et qu’on continue sur Bleyne pour aller se poser ensemble au Plan du Peyron. Ca me va très bien. Je suis toujours dans mon super thermik quand il arrive au niveau de la combe et récupère l’ascenseur…Je suis a 2260m, de nouveaux avec des barbules tout autour. Il va encore falloir contourner le nuage. Je pars donc au nord pour contourner pendant que marc refait le plaf et part par le sud. On se retrouve tous les 2 un peu plus loin en transition vers la Ferrière…La transition est douce même si je perds de l’altitude plus rapidement que lui…Mais ca, je commence a avoir l’habitude. Il reste collé a la base du nuage pendant que je descends…Je me rends compte que je suis mal placé par rapport au vent. Ca commence a rentrer dans ma tête. Une fois à la Ferrière, il me devance et je me sens un peu bas. Et comme j’aime avoir de la marge, je reprends une bulle au niveau du bois brulé car je veux assurer le retour. Plus nous avançons et plus le plafond baisse mais a partir du Col de Bleyne, nous sommes dans du 0,5 en ligne droite jusqu’au Pic de l’Aigle…j’aime me faire pomper par un nuage quand ce n’est pas orageux mais je tire quand même sur la speedbar pour ne pas monter plus. Je demande à Marc si on peut tenter de continuer sur les valettes mais il me répond que le plafond est beaucoup trop bas. Il manque environ 500m. Il est toujours devant et me demande si je préfère poser au petits avions ou au transfo ; Je lui réponds que je m’en fous et comme il y a un model réduit en l’air, il choisit le transfo. Ca me va…je fais mon approche quelques minutes plus tard après être passé par le relief après le Pic de L’aigle. Le terrain est grand, j’ai de la marge et je décide de tester enfin mon drag-chute. Je le sors alors que je suis encore a environ 300m sol. Je ne le sens même pas s’ouvrir, c’est tellement doux que je me retourne pour vérifier qu’il est bien ouvert. C’est bon ! Je décide donc de tirer sur la speedbar pour tester la descente…wow…ca descend vraiment fort...Je finis par me poser parfaitement (malgré une petite rafale de vent au moment de mon poussé qui me faire une petite ressource…Ce fut donc un premier essai concluant. Une fois posés, nous avons contactés Alain et sa copine qui ne répondaient pas en radio pour leur dire que nous étions tous les deux au Plan du Peyron. Nous avons eu a peine le temps de modifier l’attache et la longueur de mon drag-chute (qui dépassait la quille d’au moins 1m) qu’ils étaient déjà là avec nos 2 voitures…Bref, ce fut un petit vol d’environ 2 heures dans des conditions exceptionnellement calme…C’était le dernier vol ‘d’entrainement’ pour Marc avant le championnat de France la semaine prochaine et mon premier vol de retour en France : Que du bonheur !
Suite a quelques soucis de dernière minute, on a bien faillit ne pas partir a cette sortie club en Slovénie prévue depuis plusieurs mois par les ailes du loup. Nous partons finalement lundi matin avec la voiture de Pascal. Nous passons la frontière Slovène en milieu d’après midi après avoir traversé l’Italie en laissant sur la route Gènes, Milan, Vérone et Venise et un petit contretemps sans suite avec la Police Italienne car les ailes dépassaient du toit de la voiture (le temps de vérifier les papiers etc., j’arrive a ‘négocier’ avec eux ; ca m’aura servis a quelque chose d’avoir été avec une italienne après tout). Des que nous passons la frontière, nous arrivons a Nova Gorica et apercevons déjà plein de parapentes en l’air au niveau du massif qui s’annonce devant nous. Une belle crête orientée du Sud Est au Sud Ouest qui va jusqu'à la ville de Postjana (que nous aurons l’occasion de ‘visiter’ avec Pascal le jour du départ…mais ca c’est une autre histoire ;o)). Il fait beau et il y a des cums partout. Je commence a m’exciter comme une puce dans la voiture. Il nous reste encore a traverser les gorges et la Vallée de la Soca avant d’arriver a Tolmin. Nous nous retrouvons dans la ‘campagne’ Slovène qui me fait tout de suite penser a L’Autriche que je m’imagine d’après les films et les vidéos de Speed Gliding faites par Red Bull (avec les bavaroises en moins et les slovènes en plus…). Francois L m’avait donné rdv a l’atterro officiel qui se trouve a l’entrée du village. Nous arrivons à Tolmin à 16 :30 après 8H de route et nous retrouvons Nadia, Nathalie et Fred a L’atterro. Les 2 Francois sont en l’air ! J’ai envie de monter tout de suite en voyant les conditions et le nombre de gens en l’air mais Pascal qui vient de conduire tout le trajet n’est pas vraiment motivé (mais c’est pas grave, il le regrettera de lui-même le lendemain ;o)) Il faudra donc que j’attende le lendemain alors qu’ils prévoient de la ‘pluie fine’…Déjà ! On va donc rester là a discuter tranquillement jusqu'à ce que les 2 Francois décident de se poser (voir photos) après 2 bonnes heures de vol et une bonne balade. J’en profite pour trouver un bon site pour la MTO locale pour que je puisse le consulter régulièrement pendant la semaine (et qu’SFR se gave au passage). L’atterro est immense et bien entretenu. Il est limite trop grand (Il faut un GPS pour ne pas s’y perdre !) et partagé en 4 partis dont une en terre. Difficile de ne pas faire l’approche sur le terrain vu sa taille ;o). Nous apprenons que la montée au déco est payante (mais illimitée): 4 Euros par jour et 18 par semaine. Ce n’est pas commun pour la France mais ma foi, avec un déco un atterro pareil ca se comprend ! Le temps d’aller boire un coup et de se familiariser avec les toilettes slovènes (voir photo), Mathiaj (Ingénieur, Distilleur et pas que…), un copain de Tony (notre contact slovène) nous attend à l’atterro pour que nous le suivions pour prendre ‘possession’ de la maison de Tony à Zabce (village limitrophe a Tolmin) pendant que les autres replient les ailes etc. Arrivés la veille, ils se sont déjà installés dans l’autre maison (bleue, adossée a la colline…) qui est elle sur la route du déco, a Ljubinj et qui appartient a Mathiaj. Arrivés à la maison, nous faisons la connaissance de Leonarda, la maman de Tony, avec qui nous sympathisons. Elle vient s’occuper du jardin quand il n’est pas là. Elle parle couramment l’Italien et je découvre en faisant le traducteur pour Pascal, que je comprends tout ce qu’elle dit mais surtout que je me débrouille pas mal du tout pour parler (Cela sera utile)…Apres 1 heure de palabres diverses et 2 petits verres d’alcool maison distillé par Mathiaj, nous nous faisons tous la bise et Pascal me proclame son traducteur officiel (après m’avoir déclaré son GPS) pour le reste de la semaine...Nous convenons par téléphone avec les autres de se rejoindre un peu plus tard pour aller manger…Jean G, Nadine et Nathalie arrivent entre temps a Tolmin. Ils ne manquent plus que Jean V, (notre président élu a vie) et Pierre qui, s’étant arrêtés sur la route pour diner, arriveront au moment ou l’on finit de manger. Ils ont des eu des petits soucis mécaniques avant de prendre la route le matin et si ce n’était pas pour la Twingo de Nadia restée dans le var, ils n’auraient pas pu venir. Le temps d’un café pour les derniers arrivés, nous allons tous nous coucher dans nos maisons respectives…
Le lendemain, nous prenons tous le petit déjeuné à la maison sur la colline mais heureusement qu’on y est pas montes à pieds ! Le ciel est déjà couvert et comme prévu par la MTO, nous n’aurons pas de conditions aujourd’hui. Les autres ne sont pas très chauds pour voler mais tel un jeune drogué, Il faut que je fasse un tas ! J’ai envie de découvrir le décollage et de me poser dans ce champ qui ressemble à Woodstock (Le champ, pas le festival). Les filles décident d’aller visiter le village de Bovec où elles espèrent rencontrer des beau mecs alors que certains décident de monter quand même au déco. Les autres décideront en haut mais pour ma part, je monte pour faire un tas de mise en bouche. Le temps de passer prendre les tickets à l’Atterro et d’organiser les voitures, nous prenons la route du décollage qui est un petit peu magique, traversant une foret tellement épaisse que la lumière à du mal a passer a certain endroits. Arrivés au décollage, je suis aux anges…comme un poisson dans l’eau : La vue est magnifique, la pelouse extrêmement douce, Il y a même une grande table de camping en bois…Je laisse les autres entre eux pendant que je monte mon aile (voir photo). Je me sens bien à l’idée de voler après cette longue route. Il y a de plus en plus de vent mais c’est bien laminaire au décollage et les conditions ont l’air très stable. Finalement je décollerai tout seul ce jour là. Ce fut un plouf, mais un beau plouf ! C’est la première fois que je survolais une ville, enfin, autre chose qu’un village et ce ne fut pas sans une certaine appréhension. Environ 10mns sans un bip au vario mais cela n’avait aucune importance. Comme dit JLB : ‘a volé !’ Je me suis posé presque comme un Papillon, content de ma ‘connerie’ et le reste de la journée, et bien, je ne m’en souviens tout simplement plus…Ha si, il me semble que le soir on a bien mangés et pas mal bus ;o)
Pour ce Mercredi, des conditions correctes étaient annoncées sur mon HTC…D’ailleurs, après être devenu le GPS et Traducteur de Pascal, je deviens également ‘l’annonceur MTO officiel’ du groupe. J’avais en effet trouve un site web de MTO international pas mal foutu pour des prévisions basiques mais surtout, qui pour notre malheur, n’avait pas l’air de se tromper ni beaucoup, ni souvent. Point téléphonique avec Francois L à 9 :30 qui finit par être à 10H. Je lui confirme les prévisions (Pas de pluie annoncée mais sa charge déjà) et nous décidons de voler. Grace a Nadine qui avait pense a faire des courses la veille et aux confitures d’Ani, on prend le petit dej dans nos maisons respectives avant de se préparer pour se rejoindre et monter au déco. On devait tous se rejoindre a l’atterro et je ne me rappelle plus bien comment cela se passe a part qu’on a mis un bon moment a trouver des sandwiches avec Pascal (Au jambon cru et fromage local qui étaient d’ailleurs très bon et pas cher du tout). Comme il n’y avait personne a l’atterro (a part une charmante slovène qui vendait les tickets et avec qui j’ai pu regarder les animations satellite pour la journée), nous avons finis par monter tous les deux au déco en espérant y trouver Jean, Jean et Pierre pendant que Les 2 francois étaient allés pic niquer au bord de la rivière avec les ‘gonzesses’. Ils avaient décidés de nous rejoindre après. Nous montons les ailes, et somme en train de manger le sandwich que ils arrivent. Je me rends compte que l’heure tourne mais je n’ose pas décoller en premier. J’ai déjà fais volontairement un tas hier mais aujourd’hui je n’en ai pas envie. Personne ne se dépêche vraiment et en vue de mon impatience tout le monde me dit d’y aller mais je tiens bon quand Francois C qui est maintenant prêt nous fais remarquer que nous aurions déjà du décoller car ca se dégrade comme ‘prévu’. Ca c’est clair ! Je laisse partir Francois et je décolle dans sa quille…Il n’y a pas grand-chose a prendre devant le déco et je le suis sur la première petite crête qui est a l’Ouest. J’arrive a reprendre dans un petit thermik et Francois, qui était arrivé plus haut se retrouve légèrement en dessous. Il annonce qu’il va partir sur le ‘Bitard’ qui est entre l’atterro et le début de la deuxième crête (voir photos) alors que je me maintiens où je suis…je me tâte 1 petite minute et je décide bêtement de le suivre…J’arrive sur le bitard plus bas que lui évidemment et nous allons zeroter un certain temps pendant que les autres décollent au fur et a mesure. Nous prenons finalement une bulle avec Francois que je n’arriverai pas à bien centrer alors que je le vois monter beaucoup plus vite que moi. Je n’arrive pas à suivre la dérive, Je ne suis pas ‘dedans’, frustré peut être par ce manque de conditions de vol. Je me poserai un peu plus tard au bout d’à peine 50 mns de vol. Jean V (qui faisait son vol de reprise) ne volera pas longtemps non plus alors qu’il reprend bien au bitard en y arrivant 10 mns après que je me sois posé. Fatigué, notre président viendra vite me rejoindre suivit un peu plus tard de Francois L et Pascal. Il me semble qu’il n’y a que Francois C et Pierre qui vont s’en sortir pas trop mal en partant se balader un peu sur la deuxième crête, vers l’Ouest mais que Pierre va se vacher sur le retour. Nous sommes en train de plier les ailes quand 2 parapentistes allemand vienne tourner autour de nous et me demande comment étaient les conditions en l’air. Ils viennent d’arriver à Tolmin. Je leur demande si ils ne pourraient pas nous remonter au déco pour récupérer les 3 voitures et très sympathiques, ils m’expliquent qu’ils ne savent pas où c’est donc c’est l’occasion de leur montrer. Ils étaient juste inquiets qu’on se fasse arrêter par les flics à 5 dans le Kangoo (qui est limité à 2). A peine quittons-nous l’atterro que nous nous retrouvons avec la police de Tolmin ‘au cul’ (surement la seule patrouille de la petite ville d’ailleurs). Nous en rigolons avec Francois C et Jean V sans le dire aux Allemands et je me cache sous un parapente le temps que la police change de route…Une fois redescendus a l’atterro, je ne me rappelle plus ce qu’on a fait…je crois que vers 15:30 on est allés manger un bout au centre ville avant de remonter aux maisons. Ce soir là, les filles avaient prévus de cuisiner une bonne ratatouille dans la maison du haut où nous nous sommes tous rejoint vers 20H pour l’apéro. Nous avons trouvés avec Pierre et Pascal que le martini local s’évaporait bien vite car nos verres étaient vite vides après avoir été remplis. Pierre a donc pris les choses en main en les remplissant régulièrement ;o) Encore un repas bien arrosé et une bonne ratatouille faite avec amour…On rentre tard se coucher mais de toutes façons, le lendemain, mon HTC me confirme qu’il pleut !
Il fut très dur de se lever ce matin après avoir finis la veille a l’alcohol de Mirabel cuvée 1961 (Wow !) faite par le Grand-père de l’amie chez qui j’étais allé manger et voir le feu d’artifice a Cagnes sur Mer ;o) Leonia m’avait appelé la veille pour aller voler et on avait RDV a 9 :30 a PDL avec Jean-Yves et avec tous les autres comme d’habitude a Bleyne...Je suis donc rentré très tard (ou tôt) et je me réveille encore un peu ‘saoul’ avec le gout de Mirabel dans la bouche…Je me dis que la journée va être dure et je suis limite malade sur la route! Il fait déjà très chaud et il n’y a pas un seul nuage dans le ciel. On arrive à Bleyne tous les 3 vers 10 :30 et on rejoint Paolo, Marc, Richard, Christian, Pascal, Jérome et Luc…Une bonne équipe de 9 deltistes et Leonia en parapente. Je mange un pain au chocolat en montant au déco et je sens que je récupère peu à peu mais je traine la patte…45 minutes plus tard, tout le monde est prêt.
Paolo, Marc et Christian décollent en premier et j’y vais derrière même si je pense que nous décollons trop tôt. Paolo arrive a s’extraire très vite et pars direct au N.O. J’enroule avec Marc et Christian au début puis avec Pascal, d’abord en dessous puis au dessus de moi. J’essaye de faire le plaf mais je ne suis pas précis dans mes spirales et je les vois partir au fur et mesure vers St Auban malgré des plafonds assez bas. Purée, aujourd’hui il faut que j’arrive a suivre, ou du moins que j’essaye de ne pas les perdre de vue ! Luc et Richard galèrent devant le décollage mais ils s’accrochent. Il ne reste plus que Jean-Yves et Jérome au déco qui ne vont pas tarder…J’arrive enfin a environ 2200 et j’entends que les autres sont déjà a St Auban. Je décide de partir aussi et je choppe un super thermik bleu en milieu de vallée qui dérive pas dans la bonne direction (S.O) mais qui m’amène a 2600 ! Ca me donne du baume au cœur et le temps de prévenir les autres qui sont derrière, je continus vers St Auban ou j’arrive a environ 2300 mais évidemment, il n’y a plus personne…Il faut que je refasse le plaf avant de continuer plus loin ou du moins que je gagne un peu…Je les rejoints un peu plus tard en chemin. Paolo qui était partit loin devant, est avec eux et j’arrive à peu prés au même niveau que lui. Marc me balise un bon thermik en milieu de vallée et j’arrive a rentrer dedans avec lui pendant que Pascal, Christian et Paolo transitent sur Solehias. Quelques minutes plus tard, Marc annonce qu’il est à 2800 et qu’il part direct sur la Bernarde. Je suis a 2450, toujours en train de monter mais je veux le suivre…le temps de réfléchir a mes options, je lâche mon thermik bêtement et pour rien car je ne pourrais pas le suivre et je le perd vite de vue. Je suis en transition vers la Bernarde sur la droite de la vallée…Je perds de l’altitude au fur et a mesure et me rends compte que je ne pourrais pas passer directement. Je commence a vraiment me rendre compte des différences de performances de nos ailes. Je décide donc de re-transiter vers Solehias au S.O où les autres sont en train de reprendre sur le bitard de Paolo. Mais évidemment, j’arrive trop tard, il n’y a plus personne et surtout plus de thermik. Je vais gratter pendant une grosse ½ heure en essayant de ne pas trop perdre, en essayant d’attendre un cycle…Puis je remarque qu’il y a une aile en train de gratter sur le versant S.E du Teillon…Je pense d’abord que c’est Pascal mais comme il ne me répond pas, je comprends que c’est Paolo car il a un problème d’émission aujourd’hui. Il était partis en même temps que Christian et Pascal tout a l’heure mais il n’est apparemment pas arrivé a passer…Il me rejoint quelques minutes plus tard et nous allons tous les deux essayer de se refaire sur ‘son rocher’. Il est plus bas que moi et ca me rassure ! On gratte tous les 2 jusqu'à ce qu’un cycle reprenne et nous fasse remonter assez rapidement. Paolo monte mieux que moi…
L’expérience y est pour beaucoup mais il faut que j’arrête de spiraler avec autant d’overdrive car je me rends compte que j’ai plus de mal a noyauter le thermik…mais bon on verra ca une autre fois. On dérive un peu tout en spiralant et Paolo part vers 2300 en direction de la Bernarde…Je décide de le suivre alors que je suis a environ 2200…je pense que je serai un peu juste mais je tire l’OD au taquet et j’essaye de suivre derrière…Je dis j’essaye car les performances de nos ailes sont vraiment pas similaire. Il va beaucoup plus vite et perd beaucoup moins d’altitude que moi. Je suis donc en transition, j’arrive au niveau de la Bernarde…ca Passe ! J’annonce en radio que ca y est, je viens de passer pour la première fois mais ce n’est pas finis ! Je suis maintenant au dessus de la station de ski de Vauplane a environ 2000m et ca passe aussi. Par contre, je me fais descendre assez rapidement entre Vauplane et le Pic de Chamatte ou j’arrive a environ 1400m. Je vois que Paolo est en train de se refaire au niveau du Pic et moi je suis 500m en dessous dans les ravines…Je pense que mon vol va s’arrêter là ! Je m’en veux d’avoir suivis aussi bêtement Paolo. J’aurai du refaire le plein a la Bernarde vu nos différences d’ailes…je le saurai pour la prochaine fois. Je repère donc un terrain qui me semble posable au village qui se trouve au pied du Pic de Chamatte, en peu avant les Angles…Une fois un terrain repéré, je peux essayer de continuer…C’est la règle : Toujours garder un terrain en visuel avant de continuer a avancer. Je suis donc dans les ravines au Sud Ouest de Chamatte et j’essaye de gratter sans quitter le vario des yeux par rapport à mon altitude. Je m’arme de patience et j’enroule dans les toutes petites bulles qui se décollent de la pente…dans du 0,5 en fait et je remonte progressivement, lentement tout en avançant vers les Angles. A ce moment je me dis que c’est curieux mais que depuis un certain nombre de vols, plus je vole, plus je trouve que c’est difficile…Un paradoxe que beaucoup de pilotes me confirmeront par la suite…J’entends en radio que Marc et Jérome ont dus se poser a La mure. Ils n’ont pas pus refaire le plaf sur la crête des serres ! Paolo s’est bien refait et Pascal qui est devant nous confond en radio…Je ne réponds pas, Je suis concentré et il faut que je m’applique ! Il fait chaud a cette altitude ;o) Je n’ai pas fait tout ca pour me poser aux Angles ! Aujourd’hui, je me pose a St Andre…Christian est déjà sur cote longue et Pascal et Paolo ne sont plus très loin derrière. Moi je suis encore en dessous entre Chamatte et les Angles mais a force de persévérance, j’arrive enfin à l’altitude de la crête quand je passe au niveau des Angles. J’entends Richard en radio qui vient d’arriver au niveau de Chamatte. Il n’est pas loin derrière: Il est passé aussi alors qu’il était prêt a se poser avec Luc une heure plus tôt a l’atterro officiel...Bravo!
De mon coté, je suis rassuré et je sais que je peux rentrer a l’atterro officiel. Un sentiment de joie intense m’envahie alors a ce moment : Ca y est, je viens de faire mon premier Bleyne-St Andre ! Je vais reprendre sur la crête des serres petit à petit jusqu'à ce que Richard me passe dessous alors que je suis en train d’enrouler dans le grand virage qui amène à la Mure. Christian et Pascal sont sur cote longue, et hésitent a continuer plus loin car ils sont un peu bas. Paolo et Richard arrivent sur Maurel mais ils n’arrivent pas a refaire le Plaf et moi je suis content : je me ballade sur la crête des serres a 2000+ sans avoir l’envie de continuer plus loin ni d’essayer de refaire le Plaf. Cela me suffit ! J’ai envie d’aller me poser a l’atterro officiel mais j’y serai tout seul alors je décide d’aller rejoindre Marc et Jérome a la Mure. Le vent est bien établit et je commence mon approche tranquillement. Marc me prévient qu’il y a pas mal de vent mais je ne le prends pas en considération pour ma perte d’altitude…je poserai donc comme un Papillon mais en entrée de terrain ! P….., il va falloir que je traverse TOUT le terrain en portant mon aile…et il est long ce terrain, c’est une vache a Planeur ! Jérome voit que j’en peux plus et il vient m’aider a faire les derniers mètres…Je suis en nage, mais super heureux...Je reçois alors un texto de Leonia qui est très contente car elle a pu se poser a Castellane. Elle me prévient qu’elle va essayer de rentrer en stop. Richard et Paolo ne vont pas tarder a nous rejoindre pendant que Christian et Pascal vont se poser a Thorame après avoir organisé la récup en radio…Même pas le temps de plier les ailes, que Nadine et Martine sont déjà là pour nous récupérer tous. Claude qui n’avait pas pu voler ce jour là mais qui était venu se balader avec son épouse va se charger d’aller récupérer les autres a Thorame et nous nous rejoignons tous sur la Place de St Andre pour célébrer mon premier ‘passage’. La tradition ‘oblige’, je paye la tournée à l’équipe pendant que nous nous racontons nos vols respectifs. Tout le monde est très content pour moi et me branchent sur le fait que je devrais faire comme Fred P dans Into the Sky et mettre de l’alcohol dans mon Kamel Bag…Apparemment cela me réussit de boire la veille ;o)
Cela fait un an que j’ai commencé a ‘voler’ avec cette équipe et que je rêve de pouvoir les ‘suivre’…Aujourd’hui, c’est fait et quelque part, c’est aussi grâce a eux et a leurs conseils…la dernière fois j’avais fait demi tour a moins de 30 de kms de Dormillhouse en décollant de St Andre. Cette fois-ci, je me pose a St Andre en décollant de Bleyne…Christian me dit alors que c’est très bien de faire par étapes pour rester en sécurité et que la prochaine fois je passerai surement plus vite en allant surement plus loin…Inch Allah…
L’organisation de ce week end fut tumultueuse. C’était à l’ origine une sortie club prévue par le DCBSL et annulée pour des raisons de manque d’encadrement pour les jeunes pilotes et les élèves. Nous étions quelques un à avoir bloqués notre week end et nous avons donc décidés avec Isa le Kiwi de prendre le relai et d’y aller quand même en essayant de motiver le plus de monde possible. 7 Pilotes on répondus présents presque aussitôt. Paolo, Jean-Yves, Jean-Marie, Jean-Michel, Aodrenn, Andre et moi. Beaucoup de mails et de coups de tel plus tard, nous partons finalement le vendredi en fin de journée avec Paolo, Isa, Andre, Jean-Marie et moi-même (et Jasmine). Aodrenn nous rejoindra directement là-bas avec son bus n’habitant pas dans notre coin et Jean-Yves et Jean-Michel viendrons le lendemain matin. Nous arrivons au camping du Mont-Denier pour le coucher du soleil après avoir traversé les Gorges du Verdon…Paysage magnifique surtout a cette heure de la journée. Pendant le trajet, nous parlons delta et vol libre et surtout de notre projet commun avec Paolo après un coup de tel inopiné de Gil a ce sujet : Fly Morocco 2011 est officiellement lancé a ce moment et l’Atlas Open 2012 Inch Allah ;o)
Arrivés devant le Camping (nous avions ‘rdv’ avec Aodrenn mais il a eu des difficultés sur la route et arrivera plus tard), nous découvrons un cadre grandiose et un camping hors du commun situé directement au pieds du Mont-Denier et au milieu des champs de lavande…Le temps de prendre quelques photos du coucher de soleil, nous prenons possession de notre Tipis et de nos emplacements pour le Kalifornia de Paolo et le Touran de JM…Isa et moi aidons Andre a monter sa tente et nous faisons la rencontre de Dorothée qui s’occupe de l’accueil au camping et qui par un incroyable hasard connais bien Andre et Paolo en bon italien, met tout de suite de l’eau a chauffer pour la Pasta : En effet, Andre était venu avec 2 Kg de spaghetti fraiches faites par un ami a lui et 5L de merlot...J’avais pour ma part pris du vrai bacon américain (que je me fais régulièrement ramené par l’intermédiaire de ma famille) que j’ai fais cuire pendant que Paolo faisait la Pasta…Et oui, les Français et les Italiens peuvent arriver a faire la cuisine ensemble sans tension ;o) Nous avons tous faim après ce long trajet et nous nous dépêchons de préparer la table tout en dégustant le merlot pour commencer l’apéro. En quelques minutes, et grâce a un vrai travail d’équipe, nous passons a table alors que nous voyons arriver Aodrenn avec son Bus sur le parking de l’école Verdon-Passion. Les étoiles commencent a sortir dans le ciel et le cadre est vraiment magnifique. Nous mangeons tous ensemble et buvons, un peu, puis beaucoup ;o) Nous discutons environnement et écologie comme souvent pour ma part quand je ne parle pas de Delta ou de musique. Dorothée nous explique qu’elle fait la saison ici (Elle est de chez nous, St Jeannet) par rapport a un projet pour protéger les abeilles. J’apprécie beaucoup ce moment tous ensemble, loin de tout mais aux milieux des choses importantes.
Le lendemain nous avons RDV a l’école un peu plus loin pour 10H mais comme JY et JM ne sont pas encore arrivés, on en profite pour aller faire un tour a l’atterro delta officiel. Il ne donne pas vraiment envie de s’y poser mais bon ca devra faire l’affaire. JY et JM nous rejoigne et nous retournons au RDV pour la navette. C’est Patrice qui gère l’école et la navette…Pas de galerie sur le 4X4 ni le Traffic mais on avait prévu des petits matelas en mousse et le temps de charger et sécuriser toutes les ailes, les harnais, les méduses, et de repartir les pilotes et le chien dans les 2 véhicules et c’est partit, en route pour le déco du Mont Denier…La montée est longue et le Traffic remplit a ras bord. Personne ne parle…la piste n’est pas super (pourtant il parait qu’elle a été refaite ;o)). Le Traffic doit nous laisser avant l’endroit ou le 4X4 arrive et nous finissons donc le trajet a pied pour aller récupérer les ailes qui sont un peu plus loin…mais pas encore au déco ;o( Il fait chaud et il me tarde d’être au déco pour commencer a monter l’aile. Pour le moment, je ne suis jamais allé voler sur un site avec l’accès aussi galère et j’espère que cela en vaut le coup…quelques minutes plus tard on arrive enfin au 4X4 et on commence a monter les ailes au déco qui n’est plus qu’a quelques centaines de mètre…La vue est sublime : Les gorges sur la gauche avec le lac en face et une longue crête qui surplombe le Mont Denier derrière. Le temps qu’on monte toutes les ailes au déco, certains des parapentistes qui étaient avec nous dans les navettes sont déjà en l’air. Ca monte pas très bien a part un peu de dynamique juste devant sur la crête…Aucun deltiste ne dit mot mais malgré le décor, on pense tous la même chose…tout ca pour ca ?! Enfin…On y est ! Les ailes se montent, Isa prépare les meilleurs sandwichs au jambon, camembert et tomates cerises que j’ai mange et prend plein de super photos avec Laurette qui fait sa première saison comme photographe professionnel et que nous venons de rencontrer dans le Traffic. Patrice fais des biplace en parapente en se reposant au sommet et Jasmine, comme a son habitude, court derrière tous les parapentistes qui décollent…
Vers 13H, Jean-Yves est prêt et va faire les honneurs, il a du courage de partir en premier ! Je me place après lui mais je ne peux pas décoller tout de suite derrière car le vent est carrément de travers…Heureusement peut être car je ne vois pas Jean-Yves prendre grand-chose. Quelques minutes plus tard le vent se re-axe et je décide de décoller quand même. J’ai chaud, Jean-Yves est en l’air et je n’ai pas envie d’attendre plus. Mais je n’ai pas envie de faire en tas non plus alors je pars sur la gauche et j’essaye de gratter le plus possible tout en gardant une bonne marge de sécurité…2 choses complètements paradoxale ;o) Je ne passe pas sous le décollage mais je ne prends pas plus d’une centaine de mètre. Aodrenn et Jean-Michel décollent ensemble presque dans la foulée et partent également sur la gauche mais ils y resteront car ils sont un peu plus haut…je vais passer au moins ½ heure a ‘tirer des bords’ devant la crête du déco, des fois au dessus et des fois en dessous pendant qu’Aodrenn enroule avec plus d’une vingtaine de vautours…je peste car je ne suis pas assez haut pour le rejoindre et je pris Eole pour qu’il soit en train de l’enregistrer avec sa Go Pro. Malheureusement, plus de batterie dans sa camera, il ne filmera que les quelques premières minutes de son vol…sans les vautours. Mais de la où je suis, ca a l’air merveilleux de voler avec tous ces rapaces ! Je vois Jean-Yves se poser dans le contre pente a cote de la piste de décollage ULM. Tout va bien. Paolo décolle enfin mais part sur la droite….Il a surement raison mais je m’accroche sur la gauche dans un thermik hache avec des cycles courts…Jean-Marie me dira plus tard, que j’ai bien fait car c’est moi qui leur ai balise le thermik du déco. Il décolle d’ailleurs a ce moment, puis c’est le tour d’Andre. Ca y est on est tous en l’air pendant qu’Isa est en train de redescendre avec Laurette dans le Traffic. Je vois Aodrenn se poser également…je ne comprends pas car en plus il ne parle pas en fréquence: il m’expliquera a l’atterro qu’il avait des problèmes de harnais et de radio. Paolo, Andre et Jean-Marie arrive donc a monter assez vite et du coup, c’est moi qui essaye de les ‘suivre’. Paolo, en suivant une bonne dérive, se retrouve rapidement sur la crête derrière nous et m’annonce du +1 en intégré. Je n’arrive pas a prendre ce thermik. Quelques minutes plus tard, il enroule avec des planeurs sur la crête pendant que Jean-Michel le rejoint et qu’Andre et Jean-Marie font le plaf (qui va monter toute l’aprèm). Apres 2 tentatives pour aller sur crête de derrière, j’y arrive enfin. Paolo et Jean-Michel sont beaucoup plus haut que moi mais je m’en fous car je suis enfin la ou je voulais être après 2H de vol ! Paolo part pendant un moment et je croise Jean-Michel une paire de fois sur la crête. Puis c’est Andre qui me rejoins et on se retrouve tous les 2 au plaf vers 2200. Andre nous signale qu’il a envie de partir se poser sur la base de planeur qui est a 7Kms de la ou nous sommes. Il a raison, l’atterro ne donne vraiment pas envi. Mais bon, je n’ai pas encore décidé d’aller me poser…on verra après…Paolo revient de l’autre bout de la crête alors que je viens de rentrer dans le thermik de la journée qui m’amènera enfin au Plaf. Jean-Michel et un planeur sont en dessous de moi et Paolo me rejoint dans le thermik qui va nous amener a 2500m. Son system Flarm marche très bien…les planeurs l’ont vus…Il décide a son tour de partir rejoindre Andre. Pour ma part, je suis venu pour le lac…je tire sur l’overdrive et je m’échappe en laissant Jean-Michel et le planeur…Je perds pas mal d’altitude (-3) dans la transition pour aller jusqu'à la Crète qui surplombe le lac mais je reprends tranquillement dans du +1…il n’y a plus rien à faire, même pas a vraiment enrouler tellement ca restitue bien a cette heure là. Et oui je me souviens maintenant du mail d’Edwin qui me parlait de son fameux vol de restitution ici jusqu'à la nuit ! Il aurait peut être fallu décoller plus tard mais c’est comme ca. Je suis presque au dessus du Lac avec Moustier en face de moi, et les gorges sur la gauche. Je lorgne sur l’atterro du Lac mais il y a encore pas mal de monde sur la plage…Jean-Michel se pose a ce moment avec les autres. Ils ont déjà récupéré Jean-Yves…Je continu donc vers les gorges et je dépasse le pont qui marque leurs entrée…C’est magnifique de voir ce paysage, les couleurs sont sublimes et le reflet du soleil dans le Lac a cette heure de la journée lui donne un aspect presque irréel ! Je ne veux plus aller me poser mais je suis fatigue, j’ai faim et il faut que je soulage ;o) Alors je profite de l’instant présent, je prends des photos, je films, j’enroule juste pour le plaisir…je suis encore a 2000m et j’ai de la marge…en fait, j’ai que ca car ou que j’aille devant le lac, ca tient…Je regarde la plage et l’atterro encore une fois…j’ai vraiment envi de m’y poser mais on a pas prévu les choses comme ca…Les autres ‘m’attendent’ a l’atterro officiel et j’entends que Paolo arrive a la base de planeur. Il est a 1400m en vertical de la piste…Allez, c’est l’heure de rentrer ! J’annonce en radio que je viens me poser et je commence a faire ma perte d’altitude…ca dure un moment car il n’est pas facile de descendre…surtout pendant l’approche ou des bulles me font reprendre ce que je viens de perdre. L’approche est un peu turbulente et j’ai les bras qui fatiguent car cela fait déjà 3 heures que je suis en l’air. Je me pose comme un papillon quelques minutes plus tard…Vite, il faut que j’aille p……
Je suis, comme souvent, le dernier à plier mon aile…j’essaye quand même de me dépêcher car il faut encore aller chercher Paolo et Andre. Le temps de repasser par la pente école pour réorganiser les voitures, je tombe sur Laurette et j’en profite pour lui demander les photos qu’elle avait prise au déco…Vu que c’est déjà la fin d’aprèm, je suggère qu’on se sépare en deux…un groupe Lac/Baignade et un autre récup ! Isa a bien méritée d’aller se poser dans le Lac !!! La récup, on s’en charge ;o) Le temps de dire au revoir a Jean-Yves qui doit reprendre la route et nous partons avec Jean-Marie qui n’a pas plus envie que ca de se baigner. Il préfère faire du Kite a Beauduc ;o) On ne sait pas ou on doit aller mais Paolo me donne l’idée d’utiliser le GPS de vol dans lequel j’ai la balise de l’atterro de la base planeur…Wow ! C’est beau la technologie quand ca marche…Arrivés là-bas, je comprends qu’ils ont eu envie de s’y poser…Quelle piste ! Un vrai boulevard américain a 8 voies…De retour a Moustier, on rejoint les autres au lac juste a temps pour une petite baignade…Pendant qu’Andre et Jean-Marie partent boire une bonne mousse…ou deux ;o) Nous retournons tous au Camping alors que le soleil commence a tomber…A peine arrive, rebelote, Paolo met de l’eau a chauffer. Au menu : Pasta et Merlot ! Le temps de prendre une petite douche et Paolo et prêt a mettre les pates a chauffer. Je m’occupe donc de vite préparer une sauce en puisant dans nos réserves et nous mangeons tous affamés par cette longue journée. Le repas est peu plus calme que la veille mais le rouge est toujours aussi bon et il vient presque a manquer. Dorothée qui nous avait rejoint avait du partir après ‘l’apéro’ car elle était invitée par un groupe de randonneurs pour manger un Couscous mais elle nous rejoindra plus tard pour la projection vidéo dans le Bus où on se remémore et se raconte les vols et les différentes anecdotes du jour tout en regardant les vidéos filmées pendant le vol par Aodrenn et moi-même…Nous somme tous épuisés et allons nous coucher au camping tout en admirant les étoiles avec Dorothée et Andre.
Dimanche matin, on prend la route pour aller voler à St Andre…les conditions s’annoncent pas mal du tout ! Isa, Paolo et moi dans le Kalifornia et Andre, Jean-Michel et Jean-Marie dans le Tourane. Arrivés au déco de St Andre, Jérôme est là et on fait la rencontre de 3 suisses avec des rigides…on discute un peu en montant les ailes quand on voit des ailes satellisés sur Maurel. C’est Marc, Claude et Christian (qui est un peu plus bas). Ils ont décollés de Bleyne avec Richard (qui a du se poser a Solehias) et sont en route pour Dormillouse. Paolo s’active et moi j’accuse le coup de mon vol de la veille, et surtout du Merlot des 2 derniers soirs. J’ai un peu de mal a me préparer et Paolo décolle bien avant moi. Etant donné la fatigue, je décide de rester en local…D’ailleurs Jean-Marie, Jean-Michel et Andre ont décidés de ne pas monter au déco et font visiter les ‘vaches’ du coin a Jean-Michel. Je décolle enfin, dans un bon cycle, et je prends du dynamique tout le long de la crête du Chalvet quand un petit peu avant les antennes je rejoins 2 des rigides dans un thermik…Je vais enrouler un petit moment avec eux…J’entends les autres en radio qui avancent vers Dormillouse, ils annoncent des plafs de 2800-3000. J’en suis loin ! Paolo est déjà sur cote longue…je n’y suis jamais allé mais bon…je ne suis pas en forme aujourd’hui. Je pars enfin en transition sur Maurel en prévoyant de partir par la suite sur la crête des Serres et le Pic de Chamatte si je passe et de me poser a la mure sinon…Mais en milieu de vallée, mon vario commence a bien beeper et j’enroule dans du +3-4 en intégré…2 planeurs me rejoignent. Un en dessous et un au dessus…j’ai du leur baliser le thermik ! J’arrive au barbule a 2800 je crois et je continu sur Maurel en perdant presque rien…La frustration est intense a ce moment : Ou je continu vers l’Est et je passe sur le début de la crête des serres ou je pars au Nord en direction du Grand Cordeuil où je ne suis encore jamais allé. J’ai tellement de marge que le choix est vite fais…’’Allez, au moins jusqu’au GC’’. Ca se passe bien, j’arrive Au GC comme si de rien n’étais et je reprends un thermik bien large, bien constant...Une montée d’adrénaline s’empare de moi et j’aimerai continuer vers Dormillouse…J’avais entendu que Christian était partis du GC a 2800 mais on a pas les mêmes ailes…je suis a 2700 environ et ca continu a monter dans du velours…je reste callé dans ‘l’olive’ comme dirait Gérard en attendant d’arriver au barbule mais le plafond a du monter car je suis a 2800 et ca continu…Je suis tout seul, comme d’hab ;o) et j’ai besoin de savoir où aller car depuis que je suis partis de Maurel, je suis en territoire inconnu. Je demande donc de l’aide en radio mais la fréquence est bien occupée ce jour là et je suis loin derrière. Paolo me confirme que je peux partir du Grand Cordeuil à mon altitude. Le seul hic est que je ne sais pas où c’est Dormillouse ;o) Je demande donc quelle balise il faut que je rentre dans le GPS. Paolo est un peu occupé a ce moment alors c’est Christian qui est bien plus loin sur la route qui me répond enfin...lui aussi il est tendu car c’est la première fois qu’il y va a Dormillouse. Je trouve enfin cette p….. de balise avec mes gros gants dans cette liste interminable qui se trouve dans le GPS : DOR246…Seulement le temps de faire tout ca, j’avais oublié que ca continuait a faire beep beep dans mon vario et je me retrouve dedans…Merde, c’était pas un thermik : Je viens de me faire pomper en douceur par un gros noir ! Je regarde le Vario, je suis presque a 3100 ! Le temps de faire un Go To/Enter sur DOR246, je tire sur la barre vers l’Ouest car c’est le dernier souvenir de bleu que j’ai. Je redescend enfin au barbule au bout de 5 secondes (c’est long dans ces moments) et je sors complètement du nuage au bout d’environ 15-20 secondes…Ouf, ca vient de faire beaucoup de choses a gérer d’un coup ! Allez, je contourne le nuage et je suis le GPS…Je me doute bien que c’est pas comme ca qu’on y va et Jean-Marie qui viendra me récupérer plus tard me le confirmera en m’expliquant qu’il y a des étapes a franchir et des plafs a faire a certains endroits stratégiques pour pouvoir y arriver…Mais pour le moment, je veux juste continuer la route en peu plus…J’entends que les autres commencent a s’inquiéter car il y a une méchante colonne qui développe là où ils sont. Je le vois au loin mais pour le moment, cela ne me concerne pas et je continu ma transition en passant au dessus de Thorame pour arriver sur Cote Longue, une grande crête orientée N/S toute blanche…je crois alors que c’est le fameux Cheval Blanc que j’identifierai plus loin en arrivant tout au bout de cette fameuse Cote Longue…elle porte très bien son nom car elle est sérieusement longue ! Je vais jusqu’au bout du bout…j’aimerai continuer mais je pense que je suis déjà allez trop loin…en tous cas tout seul ;o) Quand je regarde devant, je vois que le relief change et cela devient de plus en plus engagé…Je vois aussi cette énorme colonne développer de plus en plus qui n’est plus si loin devant moi ! Il est temps pour moi de faire demi-tour…C’est un sport ou la gourmandise peut couter cher…Je reviens donc en suivant la crête et elle est toujours aussi longue sur le retour et ca degeule bizarrement presque tout le long. Arrivé au bout de la crête, je me retrouve dans des fortes turbulences surement car je suis sous le vent mais mon vario beep un peu et j’essaye de reprendre car je vois que je ne passerai surement pas le Grand Cordeuil. A ce stade de mon vol, mon cerveau a du mal a tout analyser et je ne sais pas où me placer, où aller. Je ne reprends pas d’altitude et je fonce quand même sur le GC mais peut être trop tard et j’arrive trop bas, je longe donc la crête vers le petit Cordeuil mais ca monte pas…pas de thermik ni de dynamique…je suis tendu car a moins d’un miracle, il va falloir que je choisisse une vache et que je pose très bientôt. Je demande en radio ou est la vache officielle mais je ne la trouve pas…je ne panique pas mais je ne suis pas rassuré…J’essaye de gratter et je suis au niveau du petit Cordeuil. Je pense a passer derrière mais j’hésite…trop tard, ca ne passe plus ! Paolo qui a fait demi-tour a L’estrop et qui est sur le retour s’inquiète un peu et demande en radio où j’en suis…C’est Jérome qui est au dessus de Thorame Haute qui répondra pour moi car je suis trop occupé a ce moment : Je n’ai plus le choix...Je ne trouve toujours pas l’atterro de Thorame Basse alors je me choisis un terrain qui a l’air pas mal, en tous cas il est ‘grand’ et l’herbe n’a pas l’air trop haute. Je fais mon approche et je m’aperçois au dernier moment que le terrain que j’ai choisis est pas mal accidenté et pas plat du tout a part un petit plateau a flanc de ‘montagne’. Il faut que je change mon approche et que je pose plus court pour être tranquille ! Je fais donc quelques S en plus a la fin de mon approche ‘académique’ en ‘L’ et je me pose come un papillon sur le petit plateau ! J’apprécie ce moment intense en émotion ! Ce sentiment d’accomplissement d’avoir fait tout ca presque tout seul. Jérome posera quelques minutes plus tard dans l’atterro officiel de Thorame Basse qui est en fait a environ 300m de la où je suis !!! Apparemment je ne suis pas le seul a avoir eu des problèmes dans la vallée de Thorame. Je le vois se poser en contrebas dans ce grand champ tout plat et me dit que je suis vraiment trop nul ! Je préviens Nico, La mouette qui est au déco de pas trop trainer car ca développe énormément au Nord et je commence a entendre le tonnerre. Il me dit qu’ils voyent les éclairs dans la colonne ! Ok, ils sont au courant. Le temps de plier et de prendre quelques photos, Jean-Marie arrive pour nous récupérer ! Il assure vraiment ce Jean-Marie ! Sur le retour ils m’expliquent avec Jérôme mon erreur : ne pas choisir un champ vers le relief, plutôt vers la route car c’est en général plus plat etc. Il m’explique aussi qu’ils étaient inquiets avec Andre que je continu vers Dormillouse tout seul après un super vol la veille. Il m’enlève la frustration que j’avais depuis que j’avais fait demi-tour au bout de Cote Longue…j’avais vraiment bien fait ! On arrive a Aerogliss et Phillipe Leger, en entendant mon histoire, plaisante en me disant que ce n’est pas un GPS qu’il me faut mais un chien d’aveugle...Tout le monde présent est mort de rire et je lui réponds en rigolant que j’en ai déjà un ;o) Ce qu’il faut, c’est me teindre les cheveux ;o) Voila, je vous passe les détails de la récup pour les autres qui n’ont pas pus rentrés de Dormillouse a cause de l’orage. Disons juste que tout le monde était enfin couché entre 2 et 3 heures du matin…
Bon vent…Le Phoenix
PS : Un grand merci a Isa et Laurette pour une grande partie des photos…Les photos de vol arrivent très vite ;o(
J’étais de mariage a Montpellier pour ce dernier week end de Juin et j’en ai profité pour prendre mon aile et essayer de faire un petit vol dans la région avec mon pote Jean-Marc, un vieil ami qui s’est mis au parapente quand je me suis mis au Delta. Cela faisait 3 ans que nous voulions voler ensemble mais cela n’avait jamais été possible. Ca tombait le week end du Festival Natural Games a Millau. Nous avions donc prévus d’y aller voler le dimanche mais on a décidés a la dernière minute d’aller a la Seranne. Site de vol libre Delta et Parapente situé a Cazilhac, derrière Gange. Je passe chercher JM et sa copine Alejandra en fin de matinée le dimanche. J’ai du mal a me lever après un ‘enterrement de vie de garçon’ très arrosé au Rhum Charrette…pardon, a la charrette, le vendredi et un mariage assez festif le samedi. Nous arrivons a l’atterro officiel vers 13h. JM m’explique un peu comment ca se passe au niveau de l’approche etc. et nous moutons au déco par une espèce de piste en très mauvais état après un hiver et un printemps catastrophique. La rotation est longue mais arrivés en haut, Je découvre une vue superbe, le site est magique au niveau du paysage. Le déco se situe au milieu d’une grande vallée avec le Pic St Loup au Sud Est et le Mont Aigoual au Nord. Il y 3 deltistes locaux (Phillipe, Pascal et Eric) et un ‘jeune’ parapentiste, Ludo. Les conditions sont un peu toniques et j’appréhende ce nouveau site car l’atterro n’est pas en visu. JM me confirme que c’est OK pour lui en parapente pour décoller. Je décide donc de monter mon aile après avoir demandé les renseignements et infos usuelles aux locaux…je suis surpris par la convivialité de ce site ou tous les libéristes font partis de la même famille et utilisent la même fréquence en radio (fréquence officielle FFVL)! J’expliquerai plus tard a JM que chez nous, c’est un peu la guerre entre paras et deltas…c’est triste mais c’est comme ca ;o) Sur les 3 deltistes locaux présents au déco, 2 décollent mais partent tout de suite sur la gauche et je les perds vite de vue. Pendant que je monte l’aile, je remarque que ca charge bien au Nord vers le Mont Aigoual et qu’il ne faut pas trop trainer. Ca fait 3 ans qu’on attend ce moment merde! Nous faisons donc un décollage tardif avec JM et je le laisse ouvrir le bal car il connait déjà le site. Je ne prends aucune ascendance au début et je préviens JM que je vais donc me diriger vers l’atterro que je ne vois pas. Ludo qui avait décidé de ne pas décoller m’appelle en fréquence pour me demander si je veux qu’il me descende ma voiture pour pas qu’Alejandra galère sur la ‘piste’…Décidément, Ils ne sont pas comme chez nous les libéristes d’ici !!! J’en profite pour lui demander des précisions sur la localisation de l’atterro. Finalement mon vario se met à beeper plus loin sur la crête et j’arrive enfin a prendre un peu d’altitude…suffisamment pour commencer a apprécier ce vol et surtout le paysage du Pic St Loup et du Mont Aigoual tout en enroulant avec JM. Nous volons donc tous les 2 du moment jusqu'à ce que les nuages chargent a notre niveau et qu’un des gars a l’atterro nous recommande de venir se poser bientôt…en effet, cela commence a tenir tout seul ;o) Je fais signe a JM qui a apparemment un problème de radio qu’il faudrait penser a se diriger vers l’atterro…ce que nous faisons quelques minutes plus tard...Je tire sur la barre et en me retournant, je vois JM qui fait les oreilles pour descendre plus vite…Nous faisons notre approche ensemble. Quelques minutes plus tard, nous sommes tous les 2 posés avec la banane, content de ce petit vol ensemble fort sympathique. Tout en pliant mon aile nous discutons avec les gens présents a l’atterro. JM en connait certains et je fais la connaissance de Patrick Guionnet, le Père de Ludo. C’est un parapentiste de longue date, un baroudeur des sites méditerranéens et en particulier du Maroc…La discussion s’anime un peu plus par rapport a un projet ;o) Tout le monde est sympa, tout le monde discute et l’ambiance est agréable. Nous reprenons la route après avoir pliés et dis au revoir a tout le monde…oui au revoir car je reviendrais voler sur ce site bien agréable, pour ne pas dire inoubliable. Nous sommes donc tous les 3 dans la voiture au niveau de Ganges quand l’orage éclate. Les gouttes commencent a tomber sur le pare-brise ! Purée, ils connaissent bien leur site les locaux ! Nous avons voles, et nous sommes au sec dans la voiture en train de rentrer…Je fais remarquer a JM que j’adore ces moments précieux dérobés a la nature, a la vie…C’est aussi ca le vol libre…nous sommes aussitôt d’accord et nous sourions tous les 2...Voila, le reste c’est toujours la même chose : le retour sur terre est toujours difficile.
RDV a 10:30 a l’atterro de Bleyne avec Jérome, Marc, Andre, Gérard et Pierre. Je n’ai pas le temps d’arriver a Bleyne (pourtant a l’heure ;o) que Jérome me prévient qu’ils ont décidés d’aller voler au Mont Lachens finalement. Je râle dans ma barbe sans rien dire car je n’aime pas beaucoup le Lachens. C’est un site que je trouve difficile et je m’y sens a l’étroit. Je n’ai pu y décoller que deux fois et pourtant j’y suis allé une bonne dizaine. Deux Décollages, Deux tas ! Le temps de prévenir Andre au Téléphone et je rattrape Jérome sur la route et on s’arrête tous a l’atterro Nord pour re-dispatcher les voitures : Direction le déco du Mont Lachens. Une fois dans la voiture de Marc, j’exprime mon appréhension quand a ce site et les autres me rassurent en plaisantant sur les bons cotés d’un tas potentiel…Arrivés en haut, c’est du plein Sud qui rentre et le déco naturel du Mont Lachens est très bien alimenté. On monte donc les ailes, mange le sandwich et Marc décolle vers 12:30, Gérard le suit et je pars en 3eme position…je ne veux pas faire le fusible sur ce site ;o) Marc et Gérard arrivent à s’extraire assez vite. Jérome, Andre et Pierre finissent de se préparer pendant que j’essaye de m’en sortir. Je pars enfin vers l’est quand j’arrive a prendre un peux. Les thermiks sont hachés et les cycles courts. Jérome décolle et j’entends Gérard et Marc qui sont déjà aux ruines de Ste Brigitte, sur la crête qui va jusqu’au Bourroux, aux pieds du village de Caille. Je fais des très mauvais placements car je ne connais pas vraiment ce site et je me retrouve sous le vent de ‘Draculla’. Je commence a essayer de repérer l’atterro Nord…au cas ou…mais heureusement, j’arrive tant bien que mal a transiter au nord, jusqu’aux ruines de Ste Brigitte ou je reprends enfin progressivement tout le long de la crête. Marc et Gérard sont déjà au bout, au Bourroux avec un planeur mais ca monte mal. On est tous les trois à arpenter cette crête plus ou moins haut. Gérard va arriver à s’extraire en premier et part en transition au Nord Ouest vers Le village de La Foux. Marc et moi allons galérer un long moment sur la crête avant de pouvoir partir aussi. Les conditions sont médiocres et ca monte vraiment mal ! Pendant ce temps, Jérome part a l’Ouest. Nous reprenons enfin un bon thermik avec Marc qui nous amène au barbule et quelques instants plus tard, je transite en le suivant. Je ne suis jamais arrivé à sortir du Lachens et je ne sais vraiment pas où aller. J’arrive a La Foux nettement plus bas que lui ; ca c’est sur qu’on n’a pas la même finesse…Ca reprend un peu, un peu plus loin, d’abord dans les ravines puis vers le col dont je ne me rappelle pas le nom mais que j’avais franchis par erreur la semaine d’avant en partant de Bleyne, trop bas, j’avais du aller me poser pour la deuxième fois a Solehias…Cette fois ci je ne fais pas la même bêtise mais nous ne trouvons rien avec Marc tandis que Gérard nous annonce des thermiks je ne sais plus où avec son vario qui beep en fond sonore…Plus il insiste en radio, plus nous serrons les fesses. Suite a des mauvais choix et placements en vol, je me retrouve assez bas et je sais que je ne pourrai pas passer le Teillon et je prends donc la décision d’aller me poser pour la première fois sur le plateau de Peyroulles. A environ 200m sol, j’ai mon vario qui beep légèrement quand je passe au dessus d’une petite ravine…pendant quelques secondes, j’y crois et j’essaye d’enrouler mais il ne faut pas rêver, mon vol va bientôt s’arrêter, la, dans ce champs que j’avais choisis quelques minutes plus tôt…un grand champ bordé d’un petit lac (Marc me demandera en radio une fois m’être pose si j’avais pu voir les charmantes jeunes filles qui se baignaient nues, mais non, il faisait juste chaud ;o) Au moment ou je faisais mon approche, Jérome nous annonce en radio qu’il est en train de se faire ‘pomper par un cum’. Il va se retrouver dedans mais en sortira finalement assez facilement en tirant sur la speedbar. Il finira son vol en peu plus tard en se posant a Comps sur Artubie, sur la route qui amène aux gorges du Verdon. Gérard ira se poser a Solehias ou St Auban (je ne sais plus) et Marc qui avait finalement repris au Teillon, assurera le retour pour se poser a l’atterro Nord du Lachens. Pierre et Andre avaient décidé de ne pas décoller (car un mec du Lachens qui était passe au déco leur a dit que l’atterro officiel était assez turbulent a cause de l’Ouest qui rentrait fort) redescendront les 2 voitures. Pierre viendra me récupérer avec ma voiture qui était restée a l’atterro Nord pendant qu’Andre se chargera de Jérôme et Marc de Gérard…St Andre sera donc encore pour une autre fois ;o)
Je ne devais pas voler aujourd’hui mais en ce moment, c’est dur de refuser une MTO correcte. Jérome avait envoyé un mail la veille pour prévenir d’une bonne journée potentielle. Je lui avais répondu que j’allais essayer de me débloquer mais ce n’était pas gagné. Il m’appelle vers 9:30 le matin mais je suis bloque avec un client. J’arrive à décaler tous mes autres rdvs de la journée et je le rappelle vers 10:30. J’arrive à le décider d’aller voler a Bleyne même s’il était partis pour aller a St Andre (Merci Jérôme!!!). Je le rejoins a L’atterro vers 12H après avoir fait n’importe quoi sur la route. L’Est souffle fort a l’atterro mais on décide de monter quand même au déco…Le temps de monter les ailes et de se préparer, ca se bouche et le moral est assez bas mais je ne veux pas replier : ''Ce n’est pas grave si on fait un tas…c’est toujours un déco et un atterro !'' Le sud souffle pas mal au déco et on s’inquiète de pas pouvoir décoller sans aide mais je me prépare au tremplin pendant que Jérôme descend remettre une faveur en place. 2 mecs arrivent au déco dans une veille 106 toute cabossée…Le plus ‘âgé’ des 2 vient me serrer la main : ‘Hello, my name is Bruce’ il me dit…Je percute un accent anglais mais je ne fais pas trop attention car je suis concentré et prêt à partir…J’appelle Jérome et je lui dis que ca tombe bien car 2 mecs viennent d’arriver et qu’ils pourront le parer si nécessaire. Jérôme remonte et je vois qu’il dit bonjour au 2 gars et j’entends : ‘Hello, Bruce, Bruce Goldsmith…’ Et la je percute que c’est LE Bruce Goldsmith, un des meilleurs pilote delta de son époque, pilote de test pour Airwave et fondateur avec R. Whitehall de la marque de Parapente Ozone. Il a également été sacré champion du monde parapente récemment! Une légende quoi. J’y crois pas, Je recule du tremplin et le regarde comme un enfant devant un de ses super héro préféré…Je m’excuse de ne pas l’avoir reconnu et lui dit que je suis sur le cul de le rencontrer la, comme ca, ‘par hasard’. Je me dis que c’est incroyable car quelques semaines avant ca, je venais de rencontrer a St Andre, le père de Johnny Durand (deltiste de haut niveau, sponso Red Bull depuis des années). Je précise a Jérome qu’il a en face de lui une légende du vol libre et je décolle avec le sourire. A ce moment là, je suis convaincu que ce n’est pas une journée comme les autres et après m’être fait descendre en allant au Pic de l’aigle, je prends un thermik juste devant le déco parapente qui m’amènera aux barbules a 2300m dans du +2 Intégré. La dérive est marquée S.E et je devrais partir vers l’Arpie ou les Lattes et essayer de passer vers St Andre mais j’ai autre chose en tête et je décide de partir sur les ruines de Castellaras, face au vent ! J’arrive a Castellaras vers 1800m et je me refais a 2100m. Je demande alors a Jérôme a partir de combien je peux partir vers Caussols. Il me répond 2000m…C’est partit ! je suis gourmand et je n’attends pas de refaire le plaf. Je tends l’overdrive a fond et je pars en direction de L’Audiberg et plus a l’Est, la crête de Caussols. Je suis tout seul car Jérôme préfère rester en local. Je ne prends rien du tout jusqu'au virage de la crête de Caussols ou j’arrive au même niveau qu’elle a environ 1450m. Je serre les fesses pendant toute cette transition car je suis face au vent et je perds beaucoup d’altitude. Mais ce n’est pas grave car j’espère donc faire le retour avec le vent de cul. J’arrive enfin dans la courbe de la crête et je me refais a un peu plus de 1700m. Je continue en longeant la crête vers l’observatoire de Caussols, Je prends des petites bulles mais je n’arrive plus à faire le plaf. Le vent a Changé en O.N.O ! Je préviens Jérome que je n’arriverai surement pas à rentrer a Bleyne mais a ce stade, je sais que je pourrai aller poser aux valettes et je suis déjà content…Il me prévient qu’il pourra me redescendre la voiture donc pas de pression pour retourner a Bleyne. Je vais rester au dessus de la crête un moment à admirer ce paysage : Un ciel bleu sans un nuage et toute la cote en visibilité ! Mais rien à faire, je ne referai pas un plaf suffisant pour rentrer. Les thermiks sont hachés et je ne dépasse pas les 1800 je crois. Je pars donc sur Cavillors, puis le Pic des Courmettes ou ca tient très bien (et oui, maintenant c’est Ouest), et ou je reste encore un moment pour observer la cote avant de repartir sur Gourdon, et je me balade un petit peu dans le bocal avant d’aller me poser aux Valettes…a la maison ! L’atterro était turbulent a cause de l’Ouest qui rentrait fort et j’ai finis sur les roulettes…Pour une fois, ca ne m’a pas gâché mon vol ! J’étais la tout seul, en plein milieu d’un Lundi aprèm…Un moment qui restera a jamais gravé dans ma tête ! J’ai appelé Gérard qui a été super sympa de venir me récupérer avec mon aile pendant que Jérome redescendait ma voiture a Gourdon…Que du bonheur !
Aujourd'hui, c'est le ventre noué et le cœur serré que nous nous retrouvons sur le Parking de PDL. Pas de mail annonciateur sur la mailing liste pour aller voler cette fois ci, juste quelques mails ‘persos’ et coups de tel en catimini…D’ailleurs, aujourd’hui, on n’est pas la pour ‘voler’, juste pour accompagner Marc dans ce vol qui va être très éprouvant émotionnellement et dire un dernier au-revoir à l’ami de certains et au compagnon de vol pour d’autres, Jean-Charles Balembois; Je retrouve Paolo, Guillaume et Isa le Kiwi mais il y a aussi Nico la Mouette, Georges le Cormoran, Daniel le Corbeau et Lilyan le Dodo etc…Les autres arriverons au fur et a mesure directement au déco…
Nous y arrivons à 10:15 et Ils annoncent des orages en début d’aprèm, les nuages chargent déjà et l’atmosphère est grave. Nous montons nos ailes de façon très silencieuse, presque solennelle. J’attends anxieusement l’arrivé de Marc qui arrive vers 11h avec Patrice. Ils monteront son aile au déco Parapente; pour être sûr d’arriver en finesse au dessus du terrain de JC (au cas où ca monte pas ?!) mais aussi peut être pour être un peu plus tranquille…Damien et Stéphanie, Christian, Nadine et d’autres sont avec lui au déco du haut. ‘J’attends’ aussi l’arrivée de Gil qui m’avait dit qu’il nous rejoindrait au déco avec Jean, son frère et Françoise D mais je ne vois arriver que Françoise et Patrick C et Francois B…Gil et son frère se sont arrêtés directement au terrain de JC pour être avec la famille et les proches. Je me sens ailleurs et je n’ai pas vraiment envie de plaisanter ni de parler comme d’habitude…je ne percute même pas l’arrivée de Patrick C qui est pourtant un des pilotes que j’admire sur le circuit européen mais que je ne connais pas personnellement…Cela sera pour une autre fois…Je discute un peu avec Serge B que je rencontre pour la première fois…Plus tard, après le vol, On parlera du Népal, mais surtout de Pokhara et Il me confirmera ce que je pensais quand j’y étais en Janvier, on peut voler en Delta a Pokhara…Il m’apprend alors que ca pose au bord du lac mais pas en hiver ;o)
Georges décolle à 11:30 pour tester les conditions et commencer notre hommage. Il ne prendra rien entre Gourdon et Kennedy mais arrivera à se refaire très vite. Il annonce un peu plus tard en radio qu’il y a un thermique qui déclenche juste au dessus du terrain de JC…il est donc avec nous aujourd’hui, comme pour tous nos vols d’ailleurs depuis son tragique accident en janvier…Je me souviens encore du message que m’a laissé Christian, j’étais dans un bus entre Agra et Delhi (Je partais pour Kathmandu le lendemain) quand je l’ai écouté : JC est mort en Namibie et Gil et Patrick C sont blessés! Putain! Je n’avais pas pu être à l’enterrement car je n’étais pas encore rentré en France…mais aujourd’hui je suis là pour lui et avec ses amis…
Francois B et Françoise décollent en parapente biplace quelques minutes après Georges…nous sommes tous prêts et n’attendons plus que le décollage de Marc au déco du haut. Gérard M décide de décoller également…Je suis en 2eme position mais j’hésite car Marc n’est pas encore en l’air…finalement je décolle aussi pour essayer de prendre un peu…moi aussi je veux être sûr de pouvoir survoler le terrain pour lui rendre hommage. Je décolle très mal, trop pressé, trop stressé, la jambe droite emmêlée dans la ficelle de fermeture de mon harnais. J’apprendrai plus tard en discutant avec Nico, La Mouette, que nous avons plus ou moins tous mal décollés ce jour là (au grand ‘désespoir’ de Patrick C qui était avec Nico au déco). Gérard était parti à droite mais je ne peux pas le suivre car un parapente est au milieu…tant pis, je pars à gauche où je prends un petit peu de dynamique sur le bitard où se trouve la faveur mais j’ai toujours la jambe prise avec cette p….. de ficelle, et j’essaye de m’en dépatouiller car je ne peux pas fermer mon harnais. Quand j’y arrive enfin, j’ai juste assez de marge pour repartir à droite, vers le déco parapente, vers Marc…Apres 2-3 aller retours entre les 2 déco, J’allume la camera…Ca y est, Marc décolle et je le vois partir directement vers le terrain de JC. Je décide de faire quelques tours de plus pour prendre un peu de marge car je n’ai pas la même finesse…je suis dans un petit thermique mais mal concentré, je fais un tour de trop et je me retrouve dans le nuage…Patrice, qui m’avait observé ‘d’en bas’, me dira plus tard que c’est toujours le tour de trop ;o) Je tire sur la barre et me retrouve dans le barbule puis a la base du nuage et je pars en direction du terrain de JC en suivant Gérard et Marc, un peu plus loin devant…La transition se fait dans du velours, presque a la base du nuage…Je n’avais vraiment pas besoin de ce tour de trop…
Marc arrive au dessus du terrain et rend ses hommages à JC, son ami de longue date et compagnon de vol irremplaçable…J’éclate alors en sanglots en l’écoutant et nous disons au revoir a l’Aigle de Gourdon comme l’appelle le Corbeau, chacun a notre tour à la radio. D’abord le Corbeau, puis moi et ainsi de suite…On entend bien dans nos voix graves que nous sommes pour la plupart en train de pleurer…Pour ma part, je n’ai tellement rien a dire que je me contente de lui dire au revoir ’de la part du Phoenix’ mais nous savons tous qu’il sera désormais, à jamais, présent avec nous durant nos vols…
Le balai continu et nous survolons tous le terrain…Il règne un silence de plomb sur la fréquence et tout le reste du vol se fera dans le silence le plus complet…La famille et les proches nous regardent d’en bas et nous les regardons d’en haut…Nous sommes tous ensemble dans ce moment mais chacun dans sa ‘bulle’, chacun avec ses souvenirs et ses émotions…Il n’y a rien à faire pour rester en l’air, ça tient ‘presque’ tout seul comme si le dieu Eole voulait qu’on soit dans le moment, dans ce moment, sans se préoccuper du reste. C’est un vol doux qui me parait même irréel…Les pilotes vont se poser au fur et a mesure car il faut replier les ailes et remonter a Gourdon et a la fin, il ne reste plus que Marc, Paolo et moi en l’air. Nous restons tous les 3 vers Kennedy pendant un moment puis allons nous poser…Il le faut bien…D’abord Marc, puis Paolo et je ferme le vol…Une fois posé et le casque enlevé, je croise le regard de Marc et nous échangeons un signe de tête…il n’y avait pas besoin de mots…
Bon vent Jean-Charles, L’Aigle de Gourdon, que j’avais enfin commencé à connaitre et que j’appréciais de plus en plus ; tu m’étais enfin devenu accessible dans l’échange et tu avais commencé à m’apprendre tellement sur notre passion commune durant nos derniers vols ensemble au Col de Bleyne et à Gourdon, toi qui nous a quittés bien trop tôt et qui nous manquera à tous énormément…
Bon vent JCB, et à très bientôt dans les airs…Le Phoenix